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dimanche 13 mai 2007

L'éventreur du Yorkshire (fin)

Portrait de Peter Sutcliffe:

Enfant, Peter Sutcliffe était excessivement attaché à sa mère. Malgré un physique plutôt avantageux, il n’attirait pas les filles malgré la musculation qu’il pratiquait. Il avait des comportements assez bizarres, comme de s’enfermer des heures entières dans les toilettes.
Il trouva un emploi de fossoyeur au cimetière de Bingley et rencontra Sonia dans un pub qu’il fréquentait. Elle avait 16 ans, était lycéenne et introvertie tout comme Peter. Ils se marièrent au bout de huit ans. Après avoir vécu 3 ans chez les parents de Sonia, il emménagea avec elle à Bradford où la famille de Peter ne se sentait pas toujours la bienvenue.
Peter pensait que sa mère souffrait de la tyrannie son père et, avant de partir de Bingley, il la vénérait. Jusqu’au jour où son père découvrit qu’elle avait pour amant un voisin. Il organisa à l’insu de sa femme une confrontation avec son amant et fit honte à Kathleen devant ses enfants. Peter était en accord avec son père et perdit ses illusions à propos de sa mère. En 1969, quelques mois plus tard, il commit sa première agression. John Sutcliffe, le père, pense que tout est parti de là, notamment de cette confrontation.



Sonia et Peter Sutcliffe

lundi 16 avril 2007

L'éventreur du Yorkshire (suite 8)

Après 5 ans de terreur, les femmes exprimèrent leur mécontentement en manifestant dans la rue. La population était exaspérée par l’impuissance de la police à trouver le meurtrier. Mais la police, bien qu’en partie responsable de cette lenteur, n’est pas la seule à blâmer. En effet, l'auteur du canular de l’enveloppe contenant une cassette audio a conduit la police sur une fausse piste. Au lieu de s’attarder sur des pistes sérieuses, la police mit tout en œuvre pour retrouver l’auteur de la cassette. 3 meurtres s’en suivirent.

Le 2 janvier 1981, pendant leur ronde de nuit, dans le quartier des prostituées à Sheffield, le sergent Robert Ring et le policier Robert Hydes, virent Olivia Reivers monter dans une Rover V8 3500. Ils hésitèrent à intervenir pour racolage. Le chauffeur était trapu et barbu et déclara se prénommer Peter Williams. Il descendit précipitammant et demanda à satisfaire un besoin pressant. Il en profita pour se débarrasser d’un marteau à pannes rondes et d’un couteau qu’il cachait sou son manteau. Ring et Hydes remarquèrent que ses plaques d’immatriculation étaient fausses et maquillées. Ils l’embarquèrent alors au poste d’Hammerton road pour l’interroger. Il s’agit en fait de Peter William Sutcliffe.
Calme et disposé à parler, Peter Sutcliffe prétexte une nouvelle fois un besoin pressant pour cacher un autre marteau dans la chasse d’eau. Il admit qu’il avait volé les plaques. Ayant été pris en compagnie d’une prostituée, la police informa les inspecteurs chargés de l’enquête sur l’éventreur. Il fut gardé à vue la nuit et transféré au commissariat de Dewsbury le lendemain.
Lors de son interrogatoire, il dit être routier et effectuer fréquemment le trajet vers le nord-est. Il dit aussi avoir été plusieurs fois interrogé à propos du billet de 5 livres et de ses fréquentes visites dans le quartier chaud de Bradford. La police de Dewsbury téléphona alors à Leeds et le brigadier O’Boyle n’hésita pas à rejoindre Dewsbury.
A 18h, O’Boyle prévint son supérieur, John Boyle qui rejoint aussi Dewsbury. Peter Sutcliffe passa une nouvelle nuit au poste.
Robert Ring, lui, se rendit à Melbourne avenue où il découvrit le marteau à pannes rondes et le couteau.
Le brigadier Peter Smith, un des premiers sur l’affaire, se rendit avec Boyle chez Sutcliffe. Ils interrogèrent sa femme Sonia pendant qu’on fouillait sa maison.
Toute la matinée du dimanche, Boyle interrogea Sutcliffe à propos de chose diverses sans aborder les meurtres. Puis, en début d’après-midi, il parla du marteau et du couteau. Sutcliffe ne dit rien jusqu’à ce que Boyle dise : « Je crois que vous allez avoir des ennuis, de sérieux ennuis. » A quoi Peter répondit : « Je crois que vous avez trouvé l’éventreur du Yorkshire. »
Il reconnut avoir tué onze femmes, mais pas Joan Harrison et il nia être l’auteur de la cassette audio. Il fallut un jour et demi à Boyle et Smith pour recueillir la confession de Sutcliffe. Quant à sa motivation à tuer : tout avait commencé en 1969 lorsqu’une prostituée l’avait escroqué de dix livres. Il n’avait pas eu de rapports avec elle, mais elle l’avait quand même roulé : « Je me sentais offensé, humilié et embarrassé. Une haine m’envahit pour les filles de son espèce. »

Avant même la mise en accusation, l’avocat de la couronne, celui de la défense ainsi que le procureur général étaient tombés d’accord : il serait interné pour schizophrénie paranoïde. Mais le juge Boreham en décida autrement et le procès aurait bien lieu. Peter plaida l’irresponsabilité. Lors du procès, il se montra calme et posé et proclama qu’il avait suivi les injonctions de Dieu.
Le 22 mai 1981, il fut déclaré coupable de 13 meurtres et de 7 agressions et condamné à la prison à vie, assortie d’une peine de sûreté de 30 ans. Il fut incarcéré dans la prison de Parkhurst, sur l’île de Wight.
En janvier 1983, il est agressé par un détenu. On lui fit 84 points de suture.


En mars 1984, il est transféré à l’Hôpital psychiatrique de Broadmoore, Somerset House dans le Berkshire. Son état mental s’est détérioré et il est souvent totalement incohérent.

lundi 9 avril 2007

L'éventreur du Yorkshire (suite 7)

Le 1er septembre 1979, dans le quartier de Little Horton, Peter Sutcliffe agresse Barbara Leach, étudiante en 2nde année de sociologie. Il la traîne dans une arrière cour et lui donne 8 coups de couteau. Il la laisse recouvert d’un tapis à côté des poubelles. Elle est retrouvée le lendemain matin.

Deux inspecteurs de Scotland Yard sont envoyés dans le Yorkshire mais ils reviennent au bout d’un mois sans résultat. Quant à la police de Manchester, elle reprit la piste du billet de 5 livres et limita le nombre de suspects à 270.

Le 18 août 1980, à Farsley, un Faubourg de Leeds, Margueritte Walls 47 ans, employée du Ministère de l’éducation et des sciences, reste travailler plus tard que d’habitude à son bureau. Elle sort à 22 heures et est assassinée alors qu’elle rentrait à pied à son domicile. Son corps est découvert deux jours plus tard sous des broussailles dans la propriété d’un magistrat. Elle a été assommée et étranglée, mais son corps n’est pas mutilée: c’est pourquoi la police ne mit pas ce meurtre sur le compte de « l’éventreur ».

Le 17 novembre 1980, Jacqueline Hill, étudiante en langues est assassinée alors qu’elle se rendait à Lupton Flats, une cité universitaire. Peter Sutcliffe l’avait remarquée près du Kentucky Fried Chicken alors que lui-même mangeait tranquillement des frites. Il la suit, la frappe à la tête par derrière, puis la traîne dans un terrain vague derrière les boutiques. Un œil de Jacqueline est resté ouvert . Peter s’acharne sur l’œil témoin de son crime.

dimanche 1 avril 2007

L'éventreur du Yorkshire (suite 6)

Le matin du 18 juin 1979, une enveloppe kraft contenant une cassette audio fut déposée sur le bureau de George Oldfield. La personne avait un fort accent du nord-est. On diffusa alors, contre l’avis d’Oldfield, le message, pensant que quelqu’un reconnaitrait vite la voix. Elle reçut 50000 appels.
George Oldfield fit appel à des spécialistes en linguistique: Stanley Ellis et Jack Windsor Lewis. Ils établirent que c’était un accent de la région de Wearside. Ils le localisèrent plus précisément comme étant de la ville de Castletown dans la banlieue populaire de Sunderland : 4000 habitants. Tous les moyens furent mis en œuvre pour interroger ses habitants même si la police locale, elle, était sceptique. En effet, elle pensait à un canular.
En juillet, Peter Sutcliffe reçu la visite de l’inspecteur Laptew car on avait vu sa voiture 36 fois à Lumb Lane (quartier de Bradford) ! Laptew sentit quelque chose de suspect chez Peter. Mais comme l’enquête était centrée sur le nord-est, rien ne fut entrepris.
Malgré les réserves exprimées aussi par Ellis et Lewis, la police ne se concentrait que sur cette cassette de « l’éventreur de Geordie ». Les autres pistes semblaient avoir été abandonnées.


George Oldfield écoutant la cassette de « l’éventreur de Geordie »

jeudi 22 mars 2007

L'éventreur du Yorkshire (suite 5)

Depuis la fin 78, Peter Sutcliffe a reçu 4 fois la visite de la police. La première et la deuxième, pour le billet de 5 livres. La troisième, trois mois après la mort de Véra Millward, pour son numéro d’immatriculation relevé lors de contrôles effectués à Leeds et Bradford. Enfin, la quatrième fois pour les marques de pneus relevés sur les lieux du meurtre d’Irène Richardson. Calme et coopératif, Sutcliffe n’est pas inquiété par la police. Cette dernière fait preuve d’un évident manque de professionnalisme en ne vérifiant ni son groupe sanguin (rare), ni sa pointure qui sont les deux seuls indices.
La police (George Oldfield) et les journaux reçurent trois lettres. Deux en mars 1978 et une en mars 1979 écrites de la même main.
Pendant onze mois plus de meurtres.

Le 4 avril 1979, Peter Sutcliffe tue Joséphine Whitaker, 19 ans, à Halifax. Ce n'est pas une prostituée. La psychose est totale parmi la population féminine d'autant plus que, depuis le meurtre de Jayne MacDonald, c'est la deuxième fois que la victime n'est pas une prostituée. On instaura alors un couvre-feu pour les femmes du nord de l'Angleterre.

dimanche 18 mars 2007

L'éventreur du Yorkshire (suite 4)

Le meurtre suivant se déroule le 31 janvier 1978. Helen et Rita Rytka sont jumelles et partagent une chambre miteuse à Huddersfield près d’un viaduc d’autoroute. Depuis les meurtres, elles prennent leurs précautions. Elles consacrent exactement 20 minutes au client, s’attendent près des toilettes publiques où elles travaillent et notent même les numéros d’immatriculation. Mais ce soir, un homme barbu en Ford rouge offre à Helen 5 livres de plus. Elle part sans attendre sa sœur. Il la conduit près d’un entrepôt et a des rapports sexuels avec elle : ça n’avait pas été le cas précédemment. Cela est du à la présence de deux hommes sur les lieux. Une fois ces derniers partis, Peter la frappe mais rate le premier coup de marteau qui heurte la porte de la voiture. Il l’atteint à sa deuxième tentative et frappe encore à cinq reprises. Il s’acharne ensuite à coups de couteau et de griffures sur son corps. Le mur de l’entrepôt est éclaboussé de sang. Peter Sutcliffe traine le corps sous une pile de bois et disperse les vêtements. La police pense pouvoir recueillir de nombreux témoignages intéressants. En effet, la rue est très passante. Mais ce ne fut pas le cas.

Le 26 mars 1978, Yvonne Pearson, une prostituée, est découverte dans un terrain vague du quartier chaud de Bradford. Elle a été tuée 10 jours avant Helen Rytka. Le meurtrier semble être revenu sur les lieus du crime (comme pour le meurtre de Jean Bernadette Jordan) puisqu’un numéro du Daily Mirror datant de 4 semaines après la mort est retrouvé sous le bras de la victime.

Le 16 mai 1978, Véra Millward, une prostituée de 41 ans est retrouvée par un jardinier contre une clôture dans le parc de l’Hôpital de Manchester. Elle a été frappée trois fois à la tête avec un marteau et son ventre est tailladé. Une récompense de 15000 livres est offerte pour toute information.


Le corps de Véra Millward.

dimanche 11 mars 2007

L'éventreur du Yorkshire (suite 3)

Le 1er octobre 1977, à Manchester, Jean Bernadette Jordan, 21 ans, monte dans une Ford Corsaire rouge. Peter lui demande de le mener, contre 5 livres sur un terrain vague fréquenté par des prostituées. A la sortie de la voiture, il lui assène un coup de marteau derrière la tête. Il la frappe 11 fois, puis la traine dans les buissons, mais il doit s’enfuir à l’arrivée d’une voiture. Le corps n’ayant toujours pas été retrouvé, il revient sur les lieux de son crime une semaine plus tard: il a peur que le billet de 5 livres ne mette la police sur sa piste. Cependant, le sac n’est plus là. Il devient fou et s’acharne sur le corps pour faire disparaitre les coups de marteau qui font le lien avec les autres meurtres. Le lendemain, on retrouve le corps dans un état indéfinissable. C’est une empreinte de doigt retrouvé à l’appartement de Jean sur une bouteille qui permettra de l'identifier. La police a découvert le billet et la banque d’Angleterre établit qu'il fait partie de sommes remises aux agences de Bingley et Shipley de la Midland Bank. 5493 noms apparaissent comme ayant pu recevoir le billet dans leur salaire. Peter Sutcliffe en fait partie. Il est interrogé par l’un des 5000 policiers, mais n’éveille aucun soupçon.

vendredi 9 mars 2007

L'éventreur du Yorkshire (suite 2)

Le 23 avril 1977, à Bradford, près de Leeds, c’est au tour de Patricia Atkinson, encore une prostituée, d’être assassinée. Après une soirée bien arrosée, elle est retrouvée par ses amis dans son appartement. Elle a reçu quatre coups de marteau dans le crâne, elle est tailladée sur le côté gauche et a reçu sept coups de couteau dans le ventre. Etant donnée l’empreinte du 41 sur les draps sous lesquels était le corps de Patricia, on fit vite le rapprochement avec « l’éventreur ».

Le meurtre suivant était plutôt déroutant pour la police. En effet, la victime, Jayne MacDonald, n’est pas une prostituée, mais une jeune fille de 16 ans employée d’un supermarché. Le 25 juin 1977, vers 2h du matin, à Leeds, de retour chez ses parents après avoir vu des amis, elle est frappée à la tête et trainée à vingt mètres de la rue sur un terrain vague. Elle a reçu un coup de couteau dans le dos et plusieurs dans la poitrine.

Deux semaines plus tard Maureen Long survit à son agression et fit une description de son agresseur: 1m80, 36-37 ans, des cheveux descendant dans le coup et un collier de barbe.

L'éventreur du Yorkshire (suite)


Sa première victime Wilma McCann, 28 ans, une prostituée de Leeds fut assassinée le soir du 30 octobre 1975 de 2 coups de marteau à la tête et 14 coups de couteau dans le ventre et la poitrine alors qu’elle rentrait chez elle. C’est un laitier qui retrouva son corps le lendemain. N’ayant plus son sac, la police pensa que ce fut le fait d’un voleur.

Le 20 janvier 1976, en début de soirée, Emily Jackson, prostituée de 42 ans, est frappée derrière la tête de deux violents coups de marteau (comme pour le 1er crime). On lui a planté un tournevis dans le dos. Comble de l’horreur, son cou, sa poitrine et son ventre sont lacérés d’une cinquantaine de coups de couteau. Une trace de semelle de botte du 41 est retrouvée sur sa cuisse droite. La police fit le lien avec le 1er crime mais le temps passant, on commençait à oublier ces meurtres et l’horreur qu’ils avaient pu susciter au sein de la population.

Le 5 février 1977, après un an de répit, Irène Richardson, une autre prostituée est retrouvée morte, tuée de la même façon que les 2 premières femmes. Elle avait 28 ans. On fit alors le rapprochement avec "Jack l'éventreur" et on surnomma le meurtrier "l'éventreur du Yorkshire".

Peter Sutcliffe, "l'éventreur du Yorkshire"


Vous vous rappelez de Jack l'éventreur, célèbre pour ses crimes horribles dans l'East End londonnien à la fin du 19ème siècle. Et bien l'Angleterre a connu un autre "éventreur" dans les années 70 et au début des années 80 surnommé "l'éventreur du Yorkshire". Mais lui, contrairement à "Jack", a été arrêté. Son nom: Peter Sutcliffe. Ce sera le premier portrait du blog.